Pumkin Automn Challenge

Créé par : Guimause

La vidéo expliquant le challenge :

 

Objectif : lire des livres correspondant aux thèmes abordés.

Trois menus sont proposés, chacun comprenant deux catégories.

On peut choisir un, deux ou trois menus. Il faut lire au moins un livre par catégorie dans chaque menu, mais un livre peut aller dans deux menus différents. Les bandes-dessinées sont admises.

 

Menu 1 : Automne frissonnant

  • Hurlons dans les bois
    angoisse, horreur, thriller
  • La crypte des morts-vivants
    zombie, monstre, créatures et cas de possessions

 

Menu 2 : L’automne douceur de vivre

  • Creepy, Spooky, Halloween
    conte sombre et fantastique pour de tous petits frissons
  • « Fall » in love
    romance & autres sucreries

 

Menu 3 : L’automne enchanteur

  • Légendes d’ici et d’ailleurs
    légende celte, asiatique, africaine… Découvre de nouvelles cultures !
  • Féérique citrouille, Bibbidi-Bobbidi-Boo !
    du conte féérique au nature writing

 

Dates : 1er septembre – 30 novembre

 

Ma PAL pour le challenge :

Les livres seront chroniqués sur le site au fur et à mesure de mes lectures.

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Menu 1 : Automne frissonnant

  • Hurlons dans les bois
    angoisse, horreur, thriller

Licantropia – Carles Terès

En el invierno de 1759, monsén Magi pasa la noche en una masia alejada de todo y de todos, de una dignidad señorial que contrasta con las desoladas tierras rodean La Pobla de Llobosa en el Alto Matarraña. Habitan la sierra gente rustica, de pocas palabras y expresion bestial, desprovistos de la fe. Son loberos, como sus señores Torrent de Prats. Si el ganado puede sobrevivir a la amenaza del lobo es gracias a la extraña comunion que une a estas hombres con los animales a los que todos temen. La sensacion de anomalia, de horror apenas dissimulado que planea por toda la masia y su entorno se le antoja insoportable. Siglos mas tarde, Llorenç tiene la misma sensacion que se apodero del espiritu de aquel cura cuando subio a la sierra de la Pobla a fotografiar aquel caseron abandonado. El todavia no lo sabe, pero un vinculo que se hunde en sus mas profundas raices lo une inexorablemente a una raza y pueblo que guarda un secreto antiguo, el delirio de la licantropia.

Gara d’Edizions

Mai 2015

 

Pourquoi ?

Avant tout pour travailler mon espagnol !

Mais je suis aussi une grande amatrice du genre fantastique et serai contente de découvrir une bonne histoire de loup-garou, une créature que je n’ai pas croisée souvent au cours de mes lectures !

 

  • La crypte des morts-vivants
    zombie, monstre, créatures et cas de possessions

Mort(s), 18 mauvaises nouvelles – anthologie

Les Artistes Fous Associés ont la profonde douleur de vous annoncer la disparition définitive du bon goût littéraire et de la consensualité bien-pensante à l’occasion de la sortie de leur cinquième anthologie : “MORT(S)”. Dans un pied de nez à la Faucheuse, 18 auteurs plus ou moins vivants vous livrent leur déraison funèbre et leurs récits mortels. Pour mettre un point final à l’absurdité de l’existence !

Les Artistes Fous

Septembre 2016

 

Pourquoi ?

Parce que j’y ait écrit une nouvelle (Le manoir aux urnes), et que je n’ai toujours pas lu cette anthologie, bien qu’elle traîne dans ma PAL depuis bientôt un an !

 

Lecture bonus (si j’ai le temps) :

Fauves – Aurélie Wellenstein

Poussés par une famine sans précédent, trois amis, Kaya, Ivar et Oswald, prennent le risque de braconner sur les terres de leur seigneur, mais son fils les surprend. Au terme d’une lutte acharnée, ils laissent le noble pour mort.
Capturés et jugés pour tentative de meurtre, les trois amis sont condamnés à ingérer un parasite qui va les transformer en « berserkirs ».

Au bout de sept jours de lente métamorphose, ils seront devenus des hommes-bêtes, et leur raison s’abîmera dans une rage inextinguible. Le temps de cette transformation, ils sont enfermés dans Hadarfell, un ancien royaume abandonné, dont le passé et l’histoire ont été engloutis par le temps…

Scrinéo

Mai 2015

 

Pourquoi ? 

Parce que, étant doctorante en éthologie (l’étude du comportement animal), je suis toujours intéressée par les livres explorant la frontière entre humanité et animalité.

 

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Menu 2 : L’automne douceur de vivre

  • Creepy, Spooky, Halloween
    conte sombre et fantastique pour de tous petits frissons

L’étrange vie de Nobody Owens volume 1 & 2 – Neil Gaiman & P. Craig Russel

Nobody Owens serait un garçon normal. S’il ne vivait pas dans un cimetière, élevé par des fantômes, avec un gardien qui n’appartient ni au monde des vivants, ni à celui des morts. De nombreuses aventures attendent le petit garçon dans le cimetière : un homme Indigo, un portail vers une cité abandonnée envahie par des goules, l’étrange et terrible Sleer. Mais à l’extérieur, Jack attend pour le tuer.

Delcourt

Mai 2015 – Janvier 2016

 

Pourquoi ?

Parce que j’ai lu le roman, que j’ai vraiment bien aimé. J’ai cru comprendre qu’il avait été choisi par beaucoup de lecteurs pour ce challenge sous son format bouquin, je suis curieuse de voir l’adaptation BD !

 

  • « Fall » in love
    romance & autres sucreries

Fangirl – Rainbow Rowell

Cath ne vit que pour et par l’écriture. Elle est une fan inconditionnelle de la série de romans à succès Simon Snow… au point de rédiger elle-même les aventures de son héros préféré, en attendant la parution du dernier tome ! Elle vit dans une bulle qu’elle ne partage qu’avec Wren, sa soeur jumelle, loin de toute vie sociale.

Pourtant, c’est désormais en solo qu’elle devra affronter le monde extérieur. Wren vient de lui annoncer l’impensable : cette année, à la fac, elles feront chambre à part. Cath saura-t-elle s’ouvrir aux autres et profiter de sa vie d’étudiante ?

Et l’amour, dans tout ça ?

Castelmore

Février 2015

 

Pourquoi ?

Parce que j’ai trouvé que Carry On (le roman qui reprend la vie du Simon Snow de Fangirl) était tellement mignon !

 

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Menu 3 : L’automne enchanteur

  • Légendes d’ici et d’ailleurs
    légende celte, asiatique, africaine… découvre de nouvelles cultures !

Manesh, les sentiers des astres I – Stefan Platteau

Quelque part dans la nordique forêt du Vyanthryr, les gabarres du capitaine Rana remontent le fleuve vers les sources sacrées où réside le Roi-diseur, l’oracle dont le savoir pourrait inverser le cours de la guerre civile. À bord, une poignée de guerriers prêts à tout pour sauver leur patrie. Mais qui, parmi eux, connaît vraiment le dessein du capitaine ? Même le Barde, son homme de confiance, n’a pas exploré tous les replis de son âme. Et lorsque les bateliers recueillent un moribond qui dérive au fil de l’eau, à des milles et des milles de toute civilisation, de nouvelles questions surgissent. Qui est Le Bâtard ? Que faisait-il dans la forêt ? Est-il un danger potentiel, ou au contraire le formidable allié qui pourrait sauver l’expédition de l’anéantissement pur et simple ?

Les moutons électriques

2014

 

Pourquoi ?

Parce que j’adore les légendes d’ailleurs et le folk / vicking métal ! Ce livre devrait me plonger dans l’ambiance des morceaux d’Ensiferum, Amon Amarth, Skalmold et autres nordiques notoires… J’ai commencé à lire ce roman à l’hiver dernier puis je l’ai mis en pause, faute de temps. Ce challenge est l’occasion de le reprendre depuis le début !

 

  • Féérique citrouille, Bibbidi-Bobbidi-Boo !
    du conte féérique au nature writing

Le royaume immobile, le Paris des merveilles III – Pierre Pével

Le tout-Paris des Merveilles bruisse d’une incroyable nouvelle : les prochaines élections du Parlement des Fées seront ouvertes à des représentants de la Terre. Griffont se voit, quant à lui, proposé d’être le représentant du Cercle Cyan. Il a, toutefois, bien d’autres chats (fussent-ils ailés) à fouetter. Son jeune ami François-Denis de Troisville lui a demandé d’être son témoin lors d’un duel face au redoutable Victor Dalmas, mage du Cercle Incarnat à la triste réputation. Mais celui-ci va mystérieusement disparaître, ravivant, s’il en était besoin, les tensions entre les Cyan et les Incarnat. Une fois de plus, Griffont et Isabel de Saint-Gil vont devoir mener l’enquête. 

Folio SF

Avril 2017

Ce livre m’a été envoyé par Folio SF par l’intermédiaire du site Phénix Web. Il sera donc chroniqué exclusivement sur le site Phénix Web. 

 

Pourquoi ?

Parce que les deux premiers tomes m’ont vraiment bien plu ! Les personnages féériques y sont éloignés des clichés habituels et présentent des femmes fortes et aventurières !

 

Lectures bonus (si j’ai le temps)

Le zoo des merveilles, la trilogie de Mino 1 – Gert Nygardshaug

La vie du jeune Mino Aquiles Portoguesa, chasseur de papillons, changera à jamais le jour où il verra son village et sa forêt réduits à néant par les grandes compagnies pétrolières américaines, et tous ceux qu’il aime tués ou envoyés dans les bidonvilles des mégapoles surpeuplées. Alors il deviendra le bras armé de cette Amazonie que l’homme blanc foule au pied, de tous ces pauvres gens sacrifiés au nom du progrès. Alors il les tuera à son tour. Tous. Un par un.

J’ai Lu

Mai 2016

 

Pourquoi ?

J’ai hésité à prendre ce livre car le héros est un chasseur de papillons, et l’amie des animaux que je suis n’apprécie pas trop. Mais je suis fascinée depuis très longtemps par l’Amazonie (notamment parce qu’on y trouve beaucoup de perroquets, mon sujet d’étude actuel, et des amérindiens, dont les cultures m’intéressaient beaucoup quand j’étais ado).

 

La fée, la pie et le printemps – Elisabeth Ebory

En Angleterre, les légendes ont été mises sous clé depuis longtemps. La fée Rêvage complote pour détruire cette prison et retrouver son pouvoir sur l’humanité. Elle a même glissé un changeling dans le berceau de la reine…

Mais Philomène, voleuse aux doigts de fée, croise sa route. Philomène fait main basse sur une terrible monture, des encres magiques, un chaudron d’or et même cette drôle de clé qui change de forme sans arrêt. Tant pis si les malédictions se collent à elle comme son ombre… Philomène est davantage préoccupée par ses nouveaux compagnons parmi lesquels un assassin repenti et le pire cuisinier du pays. Tous marchent vers Londres avec, en poche, le secret le plus précieux du royaume.

Actu SF

Août 2017

 

Pourquoi ?

Parce qu’il y a une pie dans le titre et sur la couverture et heu… c’est à peu près tout (oui, ma passion pour les oiseaux est sans limite !).

 

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Les Grisommes II : châtiment – Frédéric Livyns

Les grisommes IIJ’attendais ce deuxième tome avec impatience, d’une part parce que j’avais bien aimé le premier, d’autre part parce que j’étais curieuse de découvrir l’évolution des personnages du tome 1, et plus particulièrement celle d’Orianne.

Pour rappel, lors de ma lecture du tome 1, j’avais j’avais trouvé qu’Orianne était une vraie caricature de fille : gémissante, craintive et j’en passe. Sa personnalité s’améliorait un peu sur la fin et laissait présager un protagoniste plus attachant pour la suite.

Globalement, le tome II des Grisommes m’a davantage plu que le premier.

Le personnage d’Oriane est plus fouillé et plus mature, elle y gagne en crédibilité. Certes, les femmes restent toujours au second plan (les Elus sont des garçons, et même la forte grand-mère semble tirer ses ordres de l’Oraculum), et ce n’est pas demain qu’elles sauveront le monde… La place d’Orianne, compagne de route de Nathan, est cependant beaucoup plus convaincante dans ce deuxième opus : elle se révèle plutôt courageuse, de bon conseil et assez indispensable à l’Elu.

On sent que les personnages ont grandi. Nathan est lui aussi plus fouillé, semble davantage douter que précédemment. D’autres camarades de cavale viendront les rejoindre, et la plupart d’entre eux se montrent attachants et sympathiques (exception faite des personnages maléfiques).

Le monde dans lequel basculent cette fois-ci Orianne et Nathan m’a séduite.

Un plan en début de livre permet de se situer au cours des différentes actions et de plonger plus rapidement dans cet univers qui oscille entre cauchemars et contes de fée : l’auteur revisite en effet à sa manière différentes histoires et légendes connues de tous. C’est assez surprenant, atypique et ça fonctionne bien.

J’ai cependant un peu regretté de ne pas retrouver davantage ce qui faisait l’originalité du premier tome : l’idée que Nathan se retrouve parachuté dans un univers reflétant son imagination, et que le seul moyen d’en sortir soit d’affronter ses propres peurs. Même si dans l’ensemble, comme je l’ai dit plus haut, j’ai préféré ce second tome, je l’aurais trouvé encore meilleur si ce concept avait été exploité.

Par ailleurs l’histoire en elle-même se lit très bien : j’avais envie de savoir la suite d’un chapitre sur l’autre. Les aventures sont surprenantes et s’enchaînent sans qu’on ait le temps de s’ennuyer, je ne les ai pas vues venir. J’ai apprécié cette succession d’actions diverses et prenantes.

En définitive, j’ai passé un bon moment avec Nathan et Orianne : ce second tome m’a davantage convaincue que le précédent, et je lirai la suite de leurs aventures avec plaisir !

Le miroir du damné – JB Leblanc et F. Livyns

Le miroir du damné

Au cœur du massif des Maures, le petit village de Tarsac est le cadre de meurtres sauvages qui font resurgir la peur et la paranoïa.

Qui est cet assassin particulièrement retors qui ne laisse aucune trace et semble connaître parfaitement ses victimes ?

C’est ce que devront découvrir le lieutenant Courtas du SRPJ de Toulon et Martin Fabre, le chef de la police municipale. Cette enquête les confrontera à des croyances révolues sur fond de sorcellerie et à un étrange miroir qui semble être le cœur de l’énigme.

Mais, dans cette cuvette infernale écrasée par la chaleur, les morts se succèdent à un rythme effréné, et le temps leur manque…

Le miroir du damné est un thriller horrifique qui vous plongera au cœur de l’Enfer… au sens propre.

L’été, à Tarsac, le soleil brûle si fort qu’il s’en dégage une impression infernale, offrant à ce roman un cadre et une ambiance tout à fait appropriés à la trame policière du récit. Ce petit village coincé entre les montagnes donne au lecteur une sensation étouffante de claustrophobie. On s’y embourbe autant que les personnages, on patauge avec les policiers dans cette enquête qui tourne en rond à Tarsac, sans espoir de sortie.

Cette façon d’utiliser la géographie des lieux et la température comme métaphore de l’Enfer m’a semblé particulièrement intéressante.

Au delà du cadre, l’histoire en elle-même se lit très bien. L’envie de connaître la suite est présente et le rythme est bien dosé : malgré cette impression de faire du sur place et de s’enliser dans les rouages d’un mystère impénétrable, je ne me suis pas ennuyée à la lecture. L’ensemble paraît bien documenté sur le plan policier, ce qui est très appréciable.

Les auteurs alternent entre cette enquête policière et des bribes du passé, qui apportent au fur et à mesure les informations nécessaires permettant de compléter les pièces du puzzle. J’ai bien aimé cette alternance, mais j’ai trouvé que la réponse arrivait peut-être un peu trop vite par rapport au déroulement du récit : j’aurais préféré qu’une ou deux révélations stupéfiantes soient gardées pour la fin, alors que la seconde partie du roman se consacre surtout sur comment vaincre un ennemi déjà identifié.

La scène finale est cependant haletante est très bien racontée.

Si on s’interroge au départ sur la nature de cet ennemi et des événements qui terrorisent Tarsac, on bascule assez vite dans un surnaturel franc. Passées les hésitations des premiers chapitres, au cours desquels on se demande vraiment si l’assassin est particulièrement retors, il devient vite évident qu’il n’est pas humain.

Le fantastique de ce récit ne questionne donc pas vraiment les frontières entre la réalité et le paranormal, car il ne laisse aucune place au doute quant à l’existence de sorcières, de magie et de démons. Ce n’est pas forcément le fantastique que je préfère, mais l’histoire est cohérente et se tient, cela ne m’a donc pas dérangée outre mesure et devrait très vite accrocher un certain lectorat.

Je m’étendrais peu sur les personnage car je n’ai pas grand chose à en dire. J’y fais habituellement très attention quand je lis un roman car j’ai besoin de les sentir exister pour y croire. Ici, on ne trouve pas de personnalités particulièrement fortes ou profondes, mais je n’ai pas noté non plus d’incohérences ou de facilités psychologiques, cela ne m’a donc pas empêchée d’apprécier la lecture.

Il y a aussi un véritable travail sur nos perceptions premières des personnages : si on s’imagine assez vite tomber dans un schéma classique où l’enquêteur citadin un peu prétentieux vient donner des leçons au petit flic de province sympathique et largué, on se rend vite compte que la réalité est plus complexe et la frontière entre le bien et le mal est rapidement brouillée.

L’ensemble est emmené avec un style qui correspond bien à l’histoire et que j’ai lu avec beaucoup de facilité.

Le miroir du damné est donc un bon thriller surnaturel dont l’atmosphère étouffante vous emmènera aux portes de l’Enfer…

Le miroir du damné, Séma éditions

 

Les aventures de Bérénice et Profitroll – Denis Labbé

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Profitroll est un troll pas comme les autres : non content d’être petit, il déteste la violence et rêve de faire de la pâtisserie… Un jour, Bérénice, une jeune humaine, se perd dans la forêt et s’approche dangereusement du village des trolls… Profitroll la prend rapidement sous sa protection. Ça tombe bien : Bérénice sait faire les gâteaux… c’est le début d’une belle amitié !

 

Bérénice et Profitroll est un joli récit pour les enfants.

L’histoire ressemble un peu à un conte, avec sa forêt hors du temps et de l’espace, ses créatures issues du folklore et les leçons qu’elle enseigne.

Profitroll, jeune troll moqué par ses pairs, attire très vite notre sympathie. Sa différence est son plus fort atout : dans un univers rustre et violent, il se montre réfléchi et diplomate, prêt à tout pour protéger cette jeune fille de ses congénères.
Les enfants devraient également s’identifier facilement à Bérénice, fillette à la fois tendre et intrépide. Passé le choc de se découvrir prisonnière d’un village de troll, elle comprend petit à petit comment s’y prendre pour écarter le danger et se rendre indispensable.

La rencontre entre ces deux personnages moqués et rejetés, l’une parce qu’elle n’est pas de la même espèce, l’autre parce qu’il est trop différent des siens, donne lieu à une jolie amitié qui se nouera avec originalité autour de la pâtisserie. Chacun n’aura de cesse de réconforter l’autre et de lui redonner confiance en soi.

J’ai donc trouvé ce récit original. Le style est agréable à lire, et pour ne rien gâcher quelques pointes d’humour m’ont souvent fait sourire : Bérénice et Profitroll est avant tout une histoire amusante. Les jolies illustration de Priscilla Grédé s’adaptent tout à fait à cette ambiance.
Mais au delà de cet aspect, elle porte un joli message sur le respect de la différence et l’acceptation de soi, que je trouve tout à fait adapté à un court roman pour enfants.

Bérénice et Profitroll, par Denis Labbé, illustré par Priscilla Grédé, Séma Editions

Miss Zombie, détective décharnée – Delphine Dumouchel

Vomiss-zombie-detective-decharneeus ne savez pas quoi offrir à vos enfants pour Halloween ? Achetez-leur Miss Zombie, détective décharnée, le roman jeunesse de Delphine Dumouchel !

Missy et Carole sont deux zombies. Mais pas n’importe lesquels : elles vivent sous terre, dans un complexe créé par un professeur un peu fou, désireux de réparer l’erreur qu’il a commise en lâchant une armée de morts-vivants sur la planète. Là-dessous, les zombies apprennent à se comporter de façon civilisée, à travailler leur démarche et leur intellect et à éviter de prendre les êtres humains pour des casse-croûtes sur pattes.

Mais tout bascule le jour où le professeur, supposé recoller l’œil pendouillant de Missy avant l’élection de Miss Zombie, est porté disparu. Les deux filles, duo de choc, décident alors d’enquêter…

J’ai bien aimé ce concept de zombies civilisés, loin des clichés de morts-vivants habituellement exploités. Dans tous les romans du genre que j’ai lus jusqu’à aujourd’hui, les morts-vivants étaient, en grands méchants de l’histoire, les ennemis à abattre. Or dans ce récit, ce sont ces mêmes zombies qui sont les héros.

On s’attache très vite à ces morts-vivants plutôt touchants qui repensent à leur existence passée avec nostalgie. Face à ces deux jeunes filles pas tout à fait comme les autres, les êtres humains prêts à tous pour se défendre deviennent le danger… Et ça fonctionne très bien : emportée par l’histoire, j’en suis venue à souhaiter la réussite des personnages principaux, fût-ce au détriment des humains…

L’histoire est emmenée avec beaucoup d’humour, ce qui rend l’ensemble très agréable à lire et convient tout à fait, je trouve, à un public jeunesse. J’ai souvent souri, ri quelques fois, et je trouve que traiter ce thème des morts-vivants, bien souvent abordé sous l’angle d’un post-apocalyptique plutôt tragique, de façon drôle, est vraiment original.

Les illustrations de Lou Ardan s’adaptent parfaitement à l’histoire, et en soulignent tout à fait l’aspect amusant.

Le roman est court, juste ce qu’il faut, ce qui le rend accessible même aux enfants.

Au delà de l’aspect amusant, ce livre propose aussi une réflexion intéressante sur la différence et l’acceptation de l’autre : les deux héroïnes zombies souffrent de ce changement d’apparence et du regard que porte désormais l’humanité sur elles. Malgré leur condition de mortes, elles n’en restent pas moins des adolescentes qui cherchent leur place dans le vaste monde, une identité à retrouver.

 A l’heure où l’on parle de plus en plus du harcèlement scolaire et du rejet de la diversité, je pense qu’il est bon que des enfants puissent, à travers la littérature, aborder ce genre de sujets. Parce que c’est leur point de vue qu’on adopte, on en vient à trouver les zombies sympathiques et à souhaiter que les vivants leur pardonne pour tout le mal qu’ils ont fait.

Miss Zombie est donc une jolie lecture qui conviendrait très bien aux enfants, et amusera aussi certainement les adultes !

Miss Zombie, détective décharnée, par Delphine Dumouchel, illustré par Lou Ardan, Séma Editions

LIVRE : Élixir de nouvelles steampunk, de Delphine Schmitz

Élixir de elixirnouvelles steampunk, comme l’indique son titre, nous propose une dizaine de nouvelles du genre steampunk. C’est le quatrième livre que je lis des Éditions Séma, et une fois de plus je n’ai pas été déçue.

Le concept est particulièrement original : si les récits peuvent tout à fait se lire indépendamment les uns des autres, ils se complètent aussi et s’enrichissent, donnant l’impression d’une véritable cohérence. On a l’impression d’évoluer dans un seul et même monde que l’on connaît de plus en plus au fil des pages.

Les personnages se croisent et se recroisent, des légendes se tissent en arrière plan du livre, des ingrédients mystérieux interviennent d’une nouvelle à l’autre… J’ai vraiment bien aimé le principe de ces histoires dont chacune apporte quelques informations en plus par rapport à la précédente, comme dans un roman policier dont on déchiffre l’énigme au fur et à mesure. La dernière nouvelle propose d’ailleurs une chute et un éclairage nouveau à l’ensemble du livre.

Les récits sont racontés avec une jolie plume, un style qui colle bien aux histoires et que j’ai lu avec facilité.

L’ensemble est rythmé, les idées autour desquelles sont axées les nouvelles originales : en conséquence, j’avais vraiment envie de connaître la suite.

On retrouve bien sûr dans ce livre la plupart des thèmes chers au steampunk : une fascination pour les mécaniques et les rouages, des personnages animés aux cœurs de moteurs évoluant à la frontière du vivant, quelques dirigeables et des inventions extraordinaires.

Mais l’ensemble est également émaillé d’un fantastique subtil, et ce mélange des genres ne pouvait que me plaire.

J’ai particulièrement apprécié les trois nouvelles suivantes :

Caméra Obscura, qui nous présente un jeune photographe dont les photos semblent pouvoir prédire l’avenir,

La rocambolesque odyssée de l’Ulysse, qui nous entraîne sous les océans, à la découverte des créatures étranges qui le peuplent peut-être,

et Télétempus, qui offre un joli anachronisme en décrivant la rencontre entre un inventeur génial et un adolescent du vingt et unième siècle via un ordinateur au mystérieux pouvoir.

Élixir de nouvelles steampunk est donc une bonne lecture !

Élixir de nouvelles steampunk, par Delphine Schmitz, illustré par Fleurine Rétoré, Éditions Sema

LIVRE : Les fiancés de l’hiver, de Christelle Dabos

  Les fiancés de l’hiver est un livre partLIVRE : Les fiancés de l'hiver, de Christelle DABOS iculier.
D’abord, il n’est ni plus ni moins le 400 ème ouvrage de ma bibliothèque.
Mais c’est aussi l’un des romans les plus marquants qu’il m’ait été donné de lire ces dernières années.

La Terre (la nôtre ou une autre, peu importe d’ailleurs) a été éparpillée en mille morceaux. Ses habitants vivent sur des « arches », fragments de planète desquels ils se déplacent en dirigeable pour voyager d’un endroit à l’autre.
Ophélie habite sur l’arche Anima où elle tient un musée. Ses talents de liseuse lui permettent d’accéder aux souvenir des objets dès qu’elle y pose les mains, mais aussi de se déplacer d’un miroir à l’autre. Un jour, elle apprend qu’elle a été fiancée à Thorn, un habitant du Pôle. Malgré le déchirement qu’elle ressent à l’idée de quitter tout ce qu’elle connaît, Ophélie n’a pas le choix et embarque pour le Pôle avec sa tante et son écharpe apprivoisée. Le voyage s’avère rude et plein de surprises, et la jeune femme essaye tant bien que mal de se faire à l’âpreté de son nouveau fiancé. Mais elle n’est pas au bout de ses peines : à la fin de la route s’élève la Citacielle, citadelle dans le ciel où les intrigues se nouent et se dénouent au rythme des médisances et des assassinats.

Amatrice de romans du genre imaginaire depuis de (très) nombreuses années, j’ai depuis quelques temps du mal à être surprise par la littérature d’aujourd’hui. Beaucoup d’auteurs et d’histoires semblent s’attacher à des oeuvres pré existantes pour écrire la même chose en moins bien. Pourtant, je tombe de temps en temps sur des ovnis littéraires, petits bijoux d’inventivité que je me fais un plaisir de dévorer. Les fiancés de l’hiver est de ceux-là.
L’univers extrêmement original du récit m’a plongée dans un monde totalement inconnu, extrêmement bien construit, déjanté et foisonnant de détails autant que de mystère. La psychologie des personnages est réfléchie, on les sent exister à travers les pages. Quant au style, il est poétique tout en restant très accessible. À aucun moment ou presque je n’ai regretté une banalité stylistique ou une description trop facile.
Je suis venue au bout des 500 pages en trois jours, autant vous dire que j’ai du mal à contenir mon impatience à l’idée des volumes à venir. Mais pour faire durer un peu le suspense, j’attends encore quelques semaines avant d’acheter le deuxième tome.

Je conseille ce livre à tous les rêveurs, à tous les amoureux de la poésie, à toutes les âmes aventurières et aux amateurs de mondes atypiques, étranges, déjantés. À tous ceux qui désespèrent de découvrir une histoire originale et un univers différent de ces pâles et multiples copies du Seigneur des Anneaux et autre Game of Thrones qui fleurissent sur le marché.
Les fiancés de l’hiver vous emmènera loin, très loin. Là d’où vous n’aurez peut être plus envie de revenir…